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LES CONDITIONS POUR QUE 2018 SOIT UNE BONNE ANNÉE POUR 2018

Publiée le 03/01/2018

Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du Management des Services Immobiliers, présente ses voeux pour que 2018 s'avère une bonne année pour l'immobilier.

Le premier jour de l’année : l’occasion de mesurer combien le logement est essentiel pour chacun. Oh bien sûr, il ne fait pas partie des vœux exprimés. On ne dit pas à ceux qu’on aime « Je te souhaite d’heureuses conditions d’habitat ». Pour autant, quand on veut la prospérité pour ceux qui nous entourent, on sait qu’elle profitera d’abord au logement, à réaliser un dessein d’acquisition ou d’agrandissement ou de meilleure localisation, ou à mener à bien un projet de location. Il est clair que la propriété ne sera sans doute plus perçue comme le Graal dans les temps qui viendront et que l’usage aura la précellence : peu importe le statut, on continuera à rêver son logement. On sait aussi que le logement conditionne l’emploi : les entreprises ne peuvent pas se développer si leurs salariés ne peuvent se loger dignement à proximité. On sait également le poids de la filière immobilière dans la création de richesse de la France, à l’origine d’un quart de la croissance.

Après l’exceptionnel millésime 2017, on pourrait penser qu’il n’y ait rien à souhaiter pour le logement. Si, d’abord que le marché ne perde pas son souffle et que la grande santé constatée l’année passée ne se dégrade pas. Rien n’est moins sûr si l’on n’y veille pas. Les conditions de taux d’intérêt resteront favorables. Les autres inconnues de l’équation sont moins rassurantes. Les aides publiques perdent de leur puissance, et les zones non tendues sortent des priorités du soutien de l’État. Il faudra, là, que les prix compensent et resolvabilisent les ménages. En clair, les valeurs dans l’ancien vont devoir baisser et les promoteurs et constructeurs vont devoir trouver les moyens de ne pas augmenter leurs prix, voire de les ajuster à la baisse. Pour cela, les propriétaires fonciers, incités par la loi de finances à vendre par des mesures temporaires d’allègement d’imposition de la plus-value, devront raison garder quant aux prix. Ils y seront conduits si un afflux de cession vient irriguer l’offre et si les professionnels se retrouvent en position de force au moment d’acquérir les emprises foncières.

Quant aux baisses autoritaires d’APL, elles ne seront supportables, dans le logement locatif public comme dans le parc privé, que si les loyers s’assagissent : les HLM n’y seront enclins que si leurs financement ne s’étiolent pas et les bailleurs “personnes physiques” que si leur traitement fiscal s’améliore. Bref, le pari de l’État de peser sur les valeurs de marché, pour la vente et pour la location, en abattant la voilure des aides ne sera pas gagné d’office.

Dans les zones tendues, au cœur de la capitale et dans son agglomération, dans les capitales régionales, le la a été donné au cours du second semestre de 2017: des augmentations de prix doubles ou triples de l’inflation, évidemment insupportables pour les ménages. Que 2018 voit le retour de l’aménagement du territoire. Qu’on cesse de faire accroire aux Français qu’on va tous les loger dans les communes les plus attirantes aux plans économique et culturel, où tout le monde veut élire domicile, et qu’on aille à marches forcées vers le Grand Paris, le Grand Bordeaux, le Grand Lyon. Qu’on s’emploie à créer d’autres pôles d’attractivité, et du même coup à améliorer la qualité de vie des urbains. Nos vieilles villes sont devenues invivables.

Et puis que le gouvernement et le parlement, les lobbies aussi qui souvent poussent à la roue, fuient la tentation normative. Cet exécutif, cette Assemblée nationale renouvelée, ce Sénat ont encore et toujours l’envie de réglementer et réglementer encore. Au congrès de la FNAIM, le ministre Jacques Mézard a annoncé la volonté du gouvernement de supprimer deux textes pour tout nouveau texte entrant en vigueur : belle résolution pour 2018. L’avant-projet de loi ELAN simplifiera-t-il ou compliquera-t-il le logement pour les professionnels et les particuliers ? On vient de découvrir dans la loi de finances initiale pour 2018 une disposition qui envoie à cet égard un mauvais signal : les honoraires des intermédiaires qui vendent des produits de défiscalisation tel les logements acquis en régime Pinel seront désormais plafonnés. On attend le décret qui fixera le niveau du plafond. Était-ce nécessaire ?

Enfin, ce vœu étant corollaire du précédent, que l’État entre dans une logique d’estime des parties prenantes, et oublie la défiance. Pourquoi présupposer par exemple que les professionnels n’ont de cesse que de vouloir duper leurs clients, déformer le marché ? Pourquoi continuer à assimiler l’immobilier à des actifs stériles sinon sulfureux ? Pourquoi ne pas miser sur le sens des responsabilités des acteurs ? Apaiser le lien avec les collectivités locales est urgent sans quoi l’exonération de taxe d’habitation aura pour conséquence la hausse organisée de toutes les autres taxes locales et les maires ne signeront plus d’autorisation de construire de peur de n’avoir pas les moyens de financer les services publics exigés des nouveaux habitants. Apaiser le lien avec les HLM est vital sans quoi les organismes ralentiront la construction comme la rénovation. Ils pourraient même devenir plus sélectifs pour réduire le risque d’impayés et s’éloigner un peu de leur mission sociale. Apaiser le lien avec les organisations professionnelles pour éviter des décisions intempestives à corriger ensuite, avec à la clé des messages brouillés vers l’opinion.

Apaiser le lien avec les associations qui sont une fierté de notre pays, Fondation Abbé Pierre, Habitat et Humanisme, Secours catholique et tant d’autres, pour que le vœu d’Emmanuel Macron d’éradiquer le mal logement ne demeure pas une pieuse incantation. C’est d’ailleurs le prix à payer pour que le pays soit en paix avec lui-même et qu’il ait envie d’avancer. Un pays qui exclut fait honte. Il porte les stigmates de l’échec de ses forces vives et de ses élites.

En somme, 2018 peut être une belle année immobilière pour peu que l’entente soude celles et ceux qui sont appelés à y jouer un rôle déterminant, et pour peu qu’ils s’associent sans arrière-pensée ni calcul pour faire gagner le logement.

 Source : https://www.capital.fr/immobilier/les-conditions-pour-que-2018-soit-une-bonne-annee-pour-limmobilier-1263375

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